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Martin Perizzolo Q Critique Essay

Pour la première médiatique de Nous, son premier grand spectacle solo depuis sa sortie de l’École de l’humour en 1995, Martin Perizzolo s’est offert le théâtre Maisonneuve. Était-ce le meilleur endroit pour cet humoriste cérébral au coeur tendre ? Malgré l’accueil chaleureux des spectateurs, les uns le connaissant pour son rôle dans Les beaux malaises, les autres pour L’gros show, l’interprète de Benoît dans les publicités « Les fromages d’ici » semblait par moments dépassé par l’ampleur de la salle. Un peu plus et il se serait excusé d’être là.

Si certains humoristes jouent la carte de la confiance, voire de l’arrogance, et s’amènent sur scène comme s’ils étaient les rois du monde, Martin Perizzolo paraît avancer sur la pointe des pieds, comme s’il ne voulait pas déranger qui que ce soit. Et pourtant, on sait depuis son malheureux passage à Expédition extrême, téléréalité où il s’est senti trahi par l’équipe de production, que le jeune quadragénaire a du caractère.

Ce sera d’ailleurs ce pétage de plomb qui lui servira d’entrée en matière. Choix contestable s’il en est, surtout pour ceux qui n’auraient pas vu l’épisode à la suite duquel l’humoriste s’est excusé sur les réseaux sociaux, Martin Perizzolo annonce ainsi ses couleurs. S’il peut rire avec autant d’aisance de lui-même, de son casting de « tata », il pourra ensuite rire de nous.

Poétique Perizzolo

Humoriste connecté sur son époque, il aborde au cours de son spectacle composé d’un seul numéro divers sujets, des plus anodins, comme la salade mesclun, aux plus délicats, comme la notion de consentement. Sur un ton plus près de la confidence amicale que de la tonitruante affirmation, Perizzolo partage ses observations sur la beauté, sur la mode, sur Tinder, sur notre utilisation des réseaux sociaux et notre dépendance au téléphone.

L’homme a certes le sens de l’observation, du détail qui tue, mais on ne saurait dire qu’il a un sens inné du rythme. Nervosité ? Manque d’assurance ? Un peu plus de tonus et un peu moins de silences entre les gags mettraient mieux en valeur ce spectacle écrit avec la complicité de Simon Cohen, qui cosigne aussi la mise en scène, et de Simon Delisle.

Planté devant un décor rappelant un aquarium géant, l’humoriste explore trop peu l’espace scénique. Du coup, le poisson rouge appliqué sur son veston et se reflétant sur la surface miroitée des trois murs formant le décor semble nager sur place. Et du sur-place, il n’y en a certes pas dans ce spectacle où Martin Perizzolo avance précautionneusement, tel un funambule, en équilibre entre l’humour tendre et l’humour vache, entre la bienveillance naïve et la colère contenue, entre le coeur et l’esprit.

Alors que le spectacle progresse, Perizzolo dévoile pudiquement sa personnalité complexe, ce qui le choque, ce qui lui plaît. Entraînant habilement le public dans sa zone de confort, l’humoriste le surprend alors en l’amenant dans une tout autre direction. Alors que l’on croit saisir sa mécanique interne, l’humoriste, jonglant habilement avec les mots, avec les idées, s’esquive. Lointain cousin de Monsieur Hulot, attendrissant clown lunaire, éternel adolescent attachant, le comédien confiné aux rôles de niais s’avère au bout du compte insaisissable comme un farouche poisson dans un aquarium.

Nous

De Martin Perizzolo. En tournée au Québec.

Vingt-deux ans après avoir obtenu son diplôme de l’École nationale de l’humour, Martin Perizzolo présentait finalement, mardi, son tout premier one-man show, «Nous». Dans un spectacle de 90 minutes sans entracte, mais manquant parfois de rythme, l’humoriste a abordé de nombreux sujets, dont la consommation et la technologie.

Expédition extrême

Sans perdre de temps, Martin Perizzolo a amorcé le spectacle en racontant longuement son expérience de tournage sur «Expédition extrême», à Z. Bien que comprenant quelques bons gags, cette longue anecdote amorçait étrangement le spectacle pour ceux qui n’avaient pas vu l’épisode en question. On aurait préféré entendre ce segment un peu plus tard dans la soirée.

Manque de rythme

Était-ce la nervosité de la première médiatique? Toujours est-il que Martin Perizzolo manquait franchement de rythme dans son spectacle, mardi au Théâtre Maisonneuve. L’humoriste ponctuait souvent son discours de plusieurs silences. Et les rires durant le spectacle étaient loin d’être réguliers. On l’a déjà vu beaucoup plus en forme et allumé au Zoofest. Peut-être que la salle de la Place des Arts était un peu trop imposante pour cette rentrée montréalaise. Voilà qui est dommage.

Faibles improvisations

Tout de suite après le segment sur «Expédition extrême», Perizzolo a enchaîné en questionnant deux spectateurs sur les rôles qu’ils se verraient jouer au cinéma. Ceux-ci ont décontenancé l’humoriste en lui disant leurs emplois respectifs, de façon très nébuleuse. Ce segment quasi malaisant s’est étiré en longueur et les rires ont été peu nombreux.

Mesclun et télévision

Vers le milieu du spectacle, Martin Perizzolo nous a bien fait rire en parlant des téléviseurs sans fil («s’il y a bien une question que je n’ai pas envie de me poser dans la vie, c’est: ¨coudonc, où est-ce que j’ai mis ma télé?¨»). Un peu plus loin, il a ramené son excellent numéro sur la salade mesclun, et sur l’espérance de vie différente des cinq verdures, qui nous avait tant fait rire à Zoofest. Un très bon flash.

Le verdict

Avec son look d’intello et son énergie propre à lui, Martin Perizzolo a voulu emmener le public dans son univers singulier, avec ses réflexions songées et ses remarques parfois volontairement stupides. L’humoriste a par contre encore un peu de travail à faire s’il veut vraiment réussir à captiver l’auditoire durant 90 minutes sans temps mort. La très grande compétition en humour cet automne ne lui rendra pas non plus la tâche facile.

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